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automne

Balades d'automne avec bébé : une épaisseur de plus, pas deux

Publié le 12 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe Ploumi

Neuf heures du matin, la poussette attend dans l'entrée, et vous voilà devant la penderie à soupeser un gilet. L'automne est une vraie saison de balade : l'air est vif, la lumière est douce, et beaucoup de parents constatent que bébé dort de bon cœur au retour d'une sortie. Reste la question posée à chaque départ : combien d'épaisseurs ? Voici des repères simples pour couvrir juste, le geste d'une seconde qui dit si le dosage est bon, et un cas particulier à connaître côté voiture.

Une épaisseur de plus que vous, pas deux

Une couche de vêtements de plus que vous : voilà tout le repère, et il tient dans une poche. C'est celui que donnent les pédiatres de l'Association française de pédiatrie ambulatoire sur leur site mpedia, quand il fait froid. Pas trois couches de plus, pas la panoplie de janvier dès la première fraîcheur d'octobre. Une. Le repère fonctionne d'ailleurs dans l'autre sens : par temps chaud, les mêmes pédiatres conseillent une couche de moins que vous.

Pourquoi une de plus, et pas la même tenue que vous ? Parce que vous et votre bébé ne vivez pas la même balade. Vous marchez, vous poussez, vous montez un trottoir, et votre corps produit de la chaleur en continu. Bébé, lui, est assis, immobile, face au vent. Le site public des 1000 premiers jours rappelle que les enfants de moins de deux ans perdent leur chaleur plus facilement que les adultes, et que les nouveau-nés n'ont ni l'activité suffisante pour se réchauffer, ni les moyens de signaler qu'ils ont froid.

D'où les deux excès qu'on croise tout l'automne au square. Le bébé qui transpire sous trois pulls, habillé comme un adulte frileux resté assis sur un banc. Et celui qui grelotte en simple gilet, parce que « il ne fait pas si froid » pour quelqu'un qui remonte l'avenue d'un bon pas.

Petite précision qui change tout : « une épaisseur de plus que vous » suppose que vous soyez habillé pour la sortie, pas pour le canapé. Si vous partez en doudoune, bébé porte sa combinaison. Si vous sortez en pull léger sous un soleil d'octobre, inutile de le momifier. C'est votre tenue réelle qui sert d'étalon.

Trois couches qui travaillent ensemble

Le plus simple pour tenir ce cap, c'est le multicouche, et chaque étage de la pile a son métier. Près de la peau, un body : la couche de contact, celle qu'on garde sèche, manches longues dès que le fond de l'air pique. Par-dessus, un pull ou un gilet : la couche qui emprisonne l'air, et l'air immobile est un excellent isolant. En façade, une veste ou une combinaison à sa taille, qui ferme la pile. Les recommandations de l'Assurance Maladie sur le froid décrivent exactement cette logique : plusieurs couches de vêtements superposées, dont une couche extérieure imperméable au vent et à l'eau, et jamais de vêtements humides sur soi.

Pourquoi tant d'égards pour le vent ? Parce qu'il pèse plus lourd que le thermomètre ne le laisse croire : le site public des 1000 premiers jours rappelle que sa présence augmente la sensation de froid, ce qu'on appelle le froid ressenti. Un vent d'octobre mord plus fort qu'un matin calme de novembre, et c'est la couche coupe-vent qui permet aux deux autres de faire leur travail.

Ces trois couches fines valent mieux qu'une grosse pour une raison très concrète : elles s'enlèvent une par une. On entre dans une boulangerie chauffée, on ouvre la veste. Le soleil perce, on retire le gilet.

En poussette, la dernière épaisseur n'a pas besoin d'être un vêtement. Les couvertures empilées glissent, tombent sur le trottoir et découvrent les jambes au premier coup de pied. Les pédiatres de mpedia citent d'ailleurs les chancelières parmi les solutions pratiques : elles évitent la pénibilité de l'habillage et du déshabillage entre l'extérieur et l'intérieur des logements.

Une enveloppe molletonnée comme La Douillette règle le sujet en une pièce : jambes et buste dans une seule couche chaude, un rabat qui coupe le vent, un tablier qui s'ouvre en deux gestes à l'arrivée, et bébé en tenue légère dessous.

Tête, mains, pieds : les extrémités d'abord

Quand il a frais, le corps fait un choix : il garde sa chaleur pour le centre et laisse les frontières se débrouiller. Tête, mains et pieds refroidissent donc en premier. Ce sont aussi, ironie bien connue, les zones qu'on habille en dernier, dans la précipitation du départ.

Les recommandations de l'Assurance Maladie sur le froid, qui s'adressent à tous, indiquent que jusqu'à 30 % de la chaleur corporelle peut s'échapper par la tête et le cou, et conseillent de bien couvrir aussi les mains et les pieds, avec des gants ou des moufles et des chaussettes épaisses. Le bonnet n'est donc pas un accessoire de photo : c'est une part du dosage, au même titre que la veste.

Le site public des 1000 premiers jours dresse la même liste pour les tout-petits : tête et cou, nez et bouche, mains et pieds. Chez un nourrisson, la protection du visage passe par la capote relevée ou par l'abri du portage, jamais par quelque chose de noué autour du cou. Et rien par-dessus la capote non plus, ni lange ni couverture jetés en travers pour couper le vent : le geste enferme l'air au lieu de le renouveler, comme le raconte pourquoi on ne couvre jamais la poussette d'un lange.

Concrètement, pour une balade d'automne :

  • un bonnet qui couvre le front et les oreilles : la pièce la plus rentable de la penderie, et celle qu'on oublie le plus volontiers en octobre ;
  • des moufles ou des gants ; sur des mains qui se ferment en poing dès qu'on approche, les moufles s'enfilent en un geste au lieu de cinq ;
  • des chaussettes montantes et des chaussons souples tant que bébé ne marche pas ; s'il a déjà des chaussures, assez larges pour que les orteils bougent, comme le conseille l'Assurance Maladie par temps froid ;
  • pour le visage, rien d'accroché ni de noué : la capote fait écran au vent de face.

Et quand l'automne bascule vers le vrai froid, mieux vaut lever le pied sur les sorties : les recommandations de l'Assurance Maladie indiquent qu'avec un nourrisson de moins de trois mois, elles se remettent à plus tard lorsque les températures sont très basses. Le site des 1000 premiers jours ajoute d'éviter le matin et le soir, surtout s'il y a du verglas.

Deux doigts dans le col : le contrôle en cours de balade

C'est la nuque qui tranche, jamais les mains. Dans ses conseils pour vérifier que bébé est à l'aise, l'Assurance Maladie décrit le geste : poser la main sur sa nuque, et si l'on sent de la sueur sous les doigts, c'est que bébé est trop couvert. En balade, cela prend une seconde : glissez deux doigts dans le col jusqu'à toucher la peau. Tiède et sèche, le dosage est bon, la balade continue. Chaude et moite, c'est une épaisseur en trop, même en octobre : un bonnet gardé sous le soleil de midi suffit à faire transpirer un bébé. Franchement froide, elle invite à ajouter une couche ou à rentrer. Les mains, souvent découvertes et exposées au vent, racontent la météo, pas le confort de bébé. Les autres signes de surchauffe sont réunis dans bébé a trop chaud, la nuque plutôt que les mains.

Ce que l'automne ajoute, ce n'est pas le geste, c'est le nombre de fois où il mérite d'être refait. Une sortie d'octobre n'a pas une météo, elle en a quatre : du soleil au départ, de l'ombre sous les platanes, un couloir de vent au coin de la rue, une supérette surchauffée. Les moments qui valent une seconde de contrôle :

  • une dizaine de minutes après le départ, le temps que la tenue prenne sa température ;
  • en franchissant une porte, dans les deux sens : magasin, salle d'attente, hall d'immeuble ;
  • quand on quitte le soleil pour l'ombre, ou qu'on prend le vent de face ;
  • quand la sortie s'allonge au-delà de ce qui était prévu ;
  • quand bébé s'endort : un enfant qui dort ne proteste pas contre la couche en trop.

Selon la réponse, on ne retire pas n'importe quoi en premier. À l'intérieur, le bonnet part d'abord : il s'enlève et se remet sans sortir bébé de sa poussette ni défaire une sangle. Dehors, mieux vaut ouvrir le rabat de la couche extérieure, quitte à le refermer trois rues plus loin, que déshabiller sur le trottoir.

Reste la sieste commencée en chemin. On découvre bébé dès l'entrée, et si le somme se prolonge, il se termine dans son lit, sur le dos, plutôt que dans la poussette laissée dans le couloir : les mêmes conseils de coucher de l'Assurance Maladie invitent à ne pas multiplier les couches de vêtements pour dormir.

En écharpe ou en porte-bébé, le dosage se rejoue

Contre vous, la situation change : bébé n'est plus seul face au vent, le tissu l'enveloppe, et votre manteau lui fait un pan d'abri. Combien d'épaisseurs, du coup ? Plutôt que de deviner, laissez la nuque trancher : le contrôle des deux doigts se fait aussi bien contre votre poitrine que sous une capote, et il se refait après dix minutes de marche.

Deux points d'attention tout de même. D'abord le visage. Les pédiatres de mpedia, dans leur article sur l'écharpe de portage, nomment la précaution essentielle : s'assurer que bébé garde en permanence le nez dégagé, pour éviter tout risque d'asphyxie. Ils décrivent la manière de s'y prendre : positionner son visage sur le côté, veiller à ce qu'il n'ait pas la tête complètement recouverte par le vêtement du porteur, surtout en hiver, et le porter assez haut pour garder un œil sur lui. Ni écharpe remontée sur le nez, donc, ni col qui l'engloutit, ni manteau refermé par-dessus lui : à chaque arrêt au feu rouge, son visage reste visible en entier, sans avoir à écarter un pan de tissu.

Ensuite, les extrémités qui dépassent. Dans un portage ventral, les jambes et la tête sont en première ligne : bonnet, chaussettes hautes ou jambières, chaussons, et un coup d'œil pour vérifier qu'un pied n'a pas perdu son chausson trois rues plus tôt.

Côté porteur, le plus simple reste un manteau ample laissé ouvert autour du portage. Et si la côte vous fait transpirer, souvenez-vous que bébé, lui, n'a pas fourni l'effort : c'est sa nuque à lui qui donne le verdict, pas la vôtre.

Le manteau épais reste à la porte du siège auto

Le trajet en voiture inverse la logique de la balade. Dehors, on ajoute une épaisseur ; dans le siège auto, on en retire une. Un manteau molletonné ou une doudoune intercalent de l'air et du tissu entre le harnais et le corps de l'enfant : le harnais semble bien serré au départ, mais cette épaisseur se tasse au moindre à-coup, et les sangles se retrouvent lâches là où elles devraient être plaquées.

La Sécurité routière conseille, dans son dépliant consacré au siège auto, de retirer le manteau de l'enfant avant de l'installer, afin que le harnais garde une bonne prise sur le corps. Le dépliant vise le manteau ; par le même raisonnement, toute grosse épaisseur glissée entre les sangles et l'enfant pose le même problème.

En pratique, la manœuvre est vite pliée :

  1. si la voiture dort dehors, quelques minutes de chauffage avant d'installer bébé rendent la suite plus agréable pour tout le monde ;
  2. retirez le manteau ou la combinaison : bébé s'attache dans sa tenue d'intérieur ;
  3. ajustez le harnais bien à plat contre lui, sans torsion des sangles ;
  4. posez le manteau par-dessus les sangles, comme une couverture, sur les bras et le buste ;
  5. à l'arrivée, renfilez-le pour le trajet à pied.

La tentation existe, bien sûr : il pleut, le parking est glacial, et « c'est juste dix minutes de route ». C'est justement pour ces trajets-là que le pli vaut la peine d'être pris : le manteau posé en couverture tient chaud aussi, et le harnais, lui, tient vraiment. Le siège auto réserve le piège inverse au retour des beaux jours, raconté dans le réflexe du dos de la main.

Ce qui coince aux premières fraîcheurs

Certaines erreurs reviennent chaque automne, portées par les meilleures intentions. Elles ne tiennent pas au dosage des couches mais à des détails d'équipement.

  • Les moufles non attachées. Elles quittent les mains en trois minutes et finissent sous une roue ou dans une flaque. Un cordon passé dans les manches, jamais autour du cou, ou des moufles cousues à la combinaison, et le sujet est réglé pour la saison.
  • Le sac sans rechange. Une averse d'octobre, une flaque bien visée, un biberon renversé : un vêtement trempé refroidit vite, et les recommandations de l'Assurance Maladie sur le froid, citées plus haut, conseillent de ne pas garder de vêtements humides sur soi. Un body et des chaussettes au fond du sac sauvent la fin de la balade.
  • Le body qui remonte. Sous la combinaison, un body trop court se retrousse au premier changement de position et laisse le bas du dos à l'air pendant toute la sortie, sans que rien ne se voie de l'extérieur.
  • La combinaison de l'an dernier. Trop petite, elle comprime les couches au lieu de laisser l'air jouer son rôle d'isolant, et elle gêne les mouvements. Si l'enfilage tourne au bras de fer sur le tapis du salon, c'est la taille au-dessus.

Ce qu'on retient

  • Bébé immobile se refroidit plus vite que l'adulte qui marche : le repère des pédiatres, c'est votre tenue plus une épaisseur.
  • Trois couches : un body qui reste sec, un pull qui emprisonne l'air, une façade qui coupe le vent et l'eau.
  • Les extrémités d'abord : bonnet couvrant, moufles, chaussettes montantes, rien de noué sur le visage et rien posé sur la capote.
  • Le verdict se lit sur la nuque, tiède et sèche, plutôt que sur les mains ; on revérifie à chaque changement de décor.
  • Bébé porté : même contrôle de nuque, et le nez dégagé en permanence, tête jamais recouverte par le vêtement du porteur.
  • En siège auto, le manteau épais s'enlève avant de boucler le harnais, et se pose par-dessus les sangles.
  • À l'intérieur, on découvre ; et si la sieste se prolonge, elle se termine dans le lit, sur le dos.

Note santé. Cet article donne des repères de bon sens, il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute sur l'état de votre bébé après une sortie par temps froid, en particulier s'il est anormalement pâle ou somnolent, si sa peau reste froide ou s'il refuse de boire, appelez le 15 ou consultez rapidement un professionnel de santé.

L'équipe Ploumi