Livraison offerte · partout en France Satisfait ou remboursé sous 30 jours
Bienvenue · -10% sur votre 1re commande

dents

Poussées dentaires : les signes qui ne trompent pas, et ceux qui doivent alerter

Publié le 12 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe Ploumi

Une joue rouge, un menton trempé, des nuits hachées : la poussée dentaire a bon dos. Elle explique beaucoup de choses, mais pas tout. Signes fiables, calendrier des percées, gestes qui soulagent sans danger, fausses bonnes idées à écarter : de quoi traverser la saison des dents avec votre bébé, et repérer ce qui, justement, n'en vient pas.

Une dent qui voyage : les signes qui ne trompent pas

Avant de percer, une dent voyage : elle traverse lentement l'os de la mâchoire, puis la gencive, et c'est ce trajet qui peut faire mal, par épisodes, bien avant la moindre pointe blanche. Il est 23 heures, bébé pleure pour la troisième fois, le poing dans la bouche, et vous voilà à scruter une gencive à la lumière du téléphone. Bienvenue dans la saison des dents.

Le dossier de l'Assurance Maladie sur les symptômes de la poussée dentaire décrit des manifestations reconnaissables :

  • une gencive gonflée, sensible à la pression, à l'endroit où la dent travaille ;
  • une salivation abondante, avec souvent un menton irrité à force d'être mouillé ;
  • des joues rouges ;
  • un besoin de tout porter à la bouche et de mordiller ce qui passe ;
  • un bébé grognon, agité, qui se frotte le visage ou le côté des oreilles ;
  • un appétit en berne et un sommeil plus haché que d'habitude.

Cette salive qui déborde n'est pas là pour rien : le même dossier explique qu'elle garde la bouche hydratée et protège la gencive. Le menton, lui, macère et rougit ; un linge doux passé régulièrement limite l'irritation. L'Assurance Maladie signale aussi qu'une zone enflée, molle et plus foncée apparaît parfois là où la dent pousse : si l'aspect vous paraît inhabituel, montrez-la au médecin ou au dentiste.

Ces signes varient d'un enfant à l'autre, et même d'une dent à l'autre, précise encore le dossier : ils s'installent autour de la percée, se calment, puis reviennent à la suivante. Inconfortable, parfois pénible, mais normal.

Le sommeil, lui, encaisse. Ces semaines-là, ce n'est pas le rituel qui a cessé de fonctionner, c'est la dent qui parle plus fort que lui : mieux vaut garder le rituel du coucher tel quel, quitte à le raccourcir. Il reprend tout seul une fois la dent sortie, à condition de ne pas l'avoir démonté.

Vingt dents en trois ans : le calendrier des percées

L'ordre des percées est presque toujours le même, et il commence par le bas. D'après mpedia, le site des pédiatres de l'AFPA, la première dent de lait apparaît en moyenne autour de 5 ou 6 mois, parfois bien après, et les vingt dents suivent ce calendrier :

  • Incisives centrales du bas : 6 à 10 mois, elles ouvrent le bal ;
  • Incisives centrales du haut : 8 à 12 mois ;
  • Incisives latérales du haut : 9 à 13 mois ;
  • Incisives latérales du bas : 10 à 16 mois ;
  • Premières molaires du haut : 13 à 19 mois ;
  • Premières molaires du bas : 18 à 24 mois ;
  • Canines : 16 à 23 mois, les plus pointues du lot ;
  • Secondes molaires : 23 à 33 mois, tout au fond, elles ferment la marche.

Cet ordre varie légèrement d'un enfant à l'autre, précise la même page, et les fourchettes sont larges. Un bébé encore sans dent quand d'autres du même âge en ont déjà deux n'a le plus souvent rien d'inquiétant : mpedia rappelle qu'en dehors d'exceptionnelles maladies génétiques, les dents de lait finissent toujours par apparaître, et qu'un avis du chirurgien-dentiste rassure en cas de doute.

La saison dure plus longtemps qu'on ne l'imagine : un enfant de 2 ans qui se remet à baver et à mordiller ses jouets ne régresse pas, il travaille peut-être ses molaires du fond.

Fièvre élevée, diarrhée : la fausse piste des dents

Une fièvre franche ou une diarrhée ne vient pas des dents. D'après la fiche ameli des symptômes, une fièvre modérée, qui reste sous les 38 °C, peut accompagner une poussée dentaire, et la même page précise que les poussées dentaires ne provoquent ni fièvre supérieure à 38 °C, ni diarrhée, ni dégradation de l'état général.

« C'est sûrement les dents » : la phrase vient toute seule quand le thermomètre monte, et c'est le moment de la mettre en doute. Un virus, une otite, une gastro tombent au même moment, et la vraie cause attend pendant qu'on regarde la gencive.

Autre piste à écarter avant la gencive : la couverture. Sur mpedia, le pédiatre Andréas Werner répond à une mère dont le bébé de deux mois a les pieds glacés et moites dès qu'il fait très chaud : si bébé transpire, c'est qu'il a chaud, et le but de la transpiration est de refroidir, ce que l'on constate sur les extrémités. Des mains fraîches ne prouvent donc rien. Le geste utile prend deux secondes, une main dans le cou, et il est détaillé dans la nuque, pas les mains. Nuque chaude et moite : on retire une épaisseur avant d'accuser la dent.

Devant un bébé qui pleure beaucoup, les pédiatres de l'AFPA conseillent d'ailleurs de passer en revue les explications simples : dort-il assez, a-t-il de la fièvre, des selles dérangées, mange-t-il correctement, quelque chose a-t-il changé ? La poussée dentaire fait souffrir par épisodes, rappelle le site, mais elle ne justifie pas tous les pleurs.

Les recommandations de l'Assurance Maladie sur les gestes à faire et le moment de consulter indiquent de consulter si la température dépasse 38,5 °C, si la douleur paraît trop importante, si d'autres symptômes inhabituels apparaissent ou si l'enfant ne semble pas dans son état habituel. Un bébé qui reste souriant entre deux pleurs, avec une dent qui pointe, c'est une histoire de dents. Un bébé abattu, fiévreux ou avec une diarrhée qui dure, c'est une histoire de médecin.

Soulager bébé sans risque : le froid, la pression, les bras

Pas de remède miracle ici. Trois leviers simples apportent souvent un vrai mieux : la pression sur la gencive, le froid modéré, votre présence.

La pression du doigt. La même fiche de l'Assurance Maladie indique de frotter doucement la gencive avec un doigt parfaitement lavé, ou avec un linge propre et humide. Beaucoup de bébés se détendent dès ce petit massage. En pratique :

  1. lavez-vous soigneusement les mains ;
  2. installez bébé contre vous, dans un moment plutôt calme ;
  3. frottez doucement la gencive gonflée, quelques instants, avec la pulpe du doigt ou un linge humide ;
  4. arrêtez dès que bébé détourne la tête : c'est lui qui donne le tempo.

Le froid modéré d'un anneau de dentition. La page ameli conseille de proposer à l'enfant un anneau de dentition propre, homologué conforme aux normes en vigueur et préalablement réfrigéré, pour qu'il puisse le mordre à sa guise, et de préférer un modèle sans liquide, car la partie remplie d'eau pourrait se rompre.

Le froid, lui, obéit à une règle unique : le réfrigérateur, jamais le congélateur. L'Assurance Maladie précise qu'un anneau congelé serait trop froid et pourrait faire mal au bébé au lieu de le soulager. Un passage au frais suffit. L'anneau se mordille sous vos yeux, dans la journée, et reste hors du lit au coucher.

Deux détails de terrain. Le critère « sans liquide » se vérifie d'un coup d'œil : une pièce d'un seul tenant en silicone souple, comme Le Hochet des Petits, ne contient rien à répandre. Et deux exemplaires en rotation, l'un au frais pendant que l'autre sert, évitent d'attendre devant le réfrigérateur avec un bébé qui hurle sur le bras.

Le frais dans l'assiette. Si votre enfant est en âge de manger ce type d'aliments, selon l'avis du médecin qui le suit, ameli suggère des plats froids adaptés à son âge, compote ou yaourt. L'âge n'est pas un détail : il renvoie aux repères de la diversification alimentaire, qu'une poussée dentaire ne fait pas avancer.

Ces jours-là, le repas ressemble à une négociation : bébé ouvre la bouche, referme, tourne la tête. Ce qui compte, c'est qu'il continue de boire, et l'avis du médecin s'impose s'il s'y refuse.

Les bras, tout simplement. Un câlin, une promenade, un jeu qui change les idées : la douleur se supporte mieux quand bébé est occupé et rassuré. Pas le levier le plus spectaculaire, souvent le dernier disponible.

Côté médicaments : ce que disent les recommandations

La plupart des poussées se traversent sans médicament, et mieux vaut demander l'avis du médecin ou du pharmacien avant d'en donner un, même en vente libre.

D'après le volet médicaments de la fiche ameli, le paracétamol est le médicament le plus couramment utilisé contre la douleur et la fièvre de l'enfant, celui à privilégier, et le seul utilisable avant l'âge de 3 mois, un âge où elle indique de consulter rapidement. Les doses y sont données en milligrammes par kilo, pas par tranche d'âge : les formes pédiatriques et leur pipette graduée sont là pour cela.

Et quand le paracétamol est contre-indiqué ? La même page ouvre alors, et dans ce seul cas, la voie aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (les AINS), avec deux seuils d'âge distincts qu'il ne faut pas confondre : l'ibuprofène à partir de 3 mois, et le kétoprofène seulement à partir de 6 mois, en remplacement de l'ibuprofène. Les contre-indications au paracétamol visées sont l'allergie, la maladie grave du foie et la phénylcétonurie. Avec deux mises en garde nettes.

  • Pas d'ibuprofène ni de kétoprofène chez un enfant qui a la varicelle : les anti-inflammatoires non stéroïdiens augmentent le risque de complications infectieuses bactériennes.
  • Chez un enfant déshydraté ou chez qui l'on suspecte une infection bactérienne, les AINS peuvent aggraver son état de santé.

La même page insiste enfin sur deux règles simples. Un seul médicament à la fois pour la fièvre ou la douleur : aucune étude ne prouve qu'alterner ou associer deux produits soit plus efficace. Et jamais d'aspirine chez l'enfant sans avis médical, en raison du risque d'une maladie rare mais grave, le syndrome de Reye.

Colliers d'ambre, gels : les fausses bonnes idées qui circulent

Autour des dents de bébé gravite tout un folklore : un collier au cou, un gel sur la gencive, une cuillère de miel, un quignon de pain dur. Transmis avec les meilleures intentions, ces remèdes ne sont pas seulement inutiles, ils sont dangereux.

Les colliers de dentition, ambre en tête. Sur mpedia, la fiche consacrée au collier d'ambre est sans détour : les pédiatres déconseillent vivement le port de tout collier chez les petits enfants, car accroché à un montant de lit ou à une branche, il expose à un danger de strangulation, et l'efficacité de l'ambre n'a jamais été démontrée. L'Assurance Maladie indique elle aussi d'éviter les colliers de dentition, type collier d'ambre, car bébé pourrait inhaler une pièce détachée. « Il le porte depuis toujours sans problème » n'est pas un argument : le danger tient justement à sa permanence.

Tout ce qu'on applique sur la gencive. Les gels anesthésiants d'abord : la fiche de l'Assurance Maladie est nette, ces gels sont dangereux, bébé peut les avaler, et ils diminuent le réflexe de déglutition qui lui permet d'avaler correctement l'eau, le lait et les aliments, avec un risque de fausse route. La même page écarte l'alcool frotté sur les gencives et l'aspirine posée dessus, et elle est formelle sur la gencive percée : cela blesserait l'enfant et risquerait de provoquer une infection, pour une dent qui serait sortie toute seule.

Le sucré pour consoler. Le biberon d'eau sucrée du soir, le sirop massé sur la gencive : les pédiatres de l'AFPA rangent ces remèdes de grand-mère parmi les mauvaises idées, à l'efficacité douteuse, et qui exposent aux caries des dents toutes neuves.

Le miel, cas à part. La raison n'a rien à voir avec le sucre : l'AFPA le déclare formellement déconseillé avant 1 an en raison du risque de botulisme infantile, une intoxication rare mais grave liée à une bactérie que le miel peut héberger, recommandation reprise de l'ANSES ; tremper une tétine dedans est à proscrire. Or les premières dents percent avant le premier anniversaire.

Les aliments durs à mordre. Légumes ou fruits crus : l'Assurance Maladie les écarte, des morceaux risquant de rester coincés dans la gorge. Les biscuits de dentition sont déconseillés eux aussi : la même page précise qu'ils ne soulagent pas et contiennent du sucre.

La première dent est là : le brossage commence

La percée tant guettée finit par arriver, et avec elle une nouvelle habitude. D'après mpedia, le brossage commence dès l'apparition des premières dents, avec un dentifrice fluoré. Avant 2 ans, le site indique un dentifrice dosé à 1000 ppm de fluor, soit 1000 parties par million, la teneur imprimée sur le tube, et une trace de la taille d'un grain de riz, sur la brosse ou sur une compresse humide les tout premiers mois, deux fois par jour, le geste revenant aux parents.

Une seule dent se brosse en quelques secondes : l'enjeu est d'installer le rituel. La difficulté n'est d'ailleurs pas technique, elle est diplomatique. Un moment où personne n'est à bout de nerfs, bébé dos contre vous, et toujours le même mot pour annoncer que c'est fini.

Le site ajoute des repères pour la suite : à partir de 1 an, plus rien ne passe dans la bouche après le brossage du soir, et mieux vaut éviter de laisser bébé s'endormir avec un biberon de lait ou toute boisson autre que de l'eau, la salive se faisant rare la nuit.

Côté suivi, mpedia conseille une première visite chez le dentiste dès l'âge de 1 an, pour dépister les caries précoces. Ensuite, le programme « M'T dents tous les ans » de l'Assurance Maladie prend le relais : l'examen chez le chirurgien-dentiste y est offert dès l'âge de 3 ans. À caler le mois de l'anniversaire.

Ce qu'on retient

  • Gencive gonflée, salive abondante, joues rouges, envie de tout mordiller : les signes vont et viennent autour de chaque percée.
  • Les vingt dents de lait sortent entre 6 mois et 3 ans environ, incisives d'abord, molaires et canines ensuite.
  • Une fièvre franche ou une diarrhée ne vient pas des dents : l'avis du médecin s'impose au-delà de 38,5 °C ou si l'état général change.
  • Ce qui aide : le massage de la gencive au doigt propre, un anneau de dentition passé au réfrigérateur (jamais au congélateur), des câlins.
  • Paracétamol d'abord, seul et à dose adaptée au poids ; l'ibuprofène seulement après 3 mois et si le paracétamol est contre-indiqué, avec ses mises en garde (varicelle, déshydratation, suspicion d'infection bactérienne) ; jamais d'aspirine sans avis médical.
  • Colliers de dentition, gels anesthésiants, remèdes sucrés, alcool sur la gencive, miel avant 1 an : à laisser de côté.
  • Dès la première dent : dentifrice fluoré à 1000 ppm avant 2 ans, une trace grosse comme un grain de riz, deux fois par jour.

Note santé. Cet article donne des repères de bon sens, il ne remplace pas un avis médical. Si votre bébé a une fièvre élevée, une diarrhée qui dure, s'il est anormalement somnolent ou s'il refuse de boire, contactez rapidement votre médecin, et en cas d'urgence, appelez le 15.

L'équipe Ploumi